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Travail social 2020-02-17

Un étudiant en Travail social, en stage au Sénégal, témoigne de son expérience

Dans le cadre du programme de Travail social, cinq étudiantes et étudiants font un stage final crédité, à Dakar, au Sénégal du 7 janvier au 25 mars. Il s’agit de Sandrine Gagnon, Laureine Mbiya Muteba, Jasmine Chrétien, Guillaume Babin et Marie Christine Larouche.

Leur stage se déroule dans trois milieux différents et tout au long de leur séjour, les stagiaires vivent dans des familles d’accueil sénégalaises afin de vivre une immersion complète et de comprendre la réalité culturelle. Dans cette optique, un de leurs mandats, en plus de réaliser les objectifs du stage, est de rédiger une série d’articles sur les thèmes suivants : le choc d'arrivée, la vie politique, le travail social au Sénégal et un témoignage en lien avec le stage et le choc du retour.

Guillaume Babin, alias Doudou, de son nom sénégalais, aborde ci-dessous sa perception de la vie politique du Sénégal :

« Make Africa Great Again! » Mais à quel prix? 
 
« En visitant le Monument de la Renaissance africaine qui est soi-disant grandiose, je me suis questionné sur ce qu'il aurait pu advenir si le gouvernement avait investi tout cet argent pour des services à la population au lieu de cette structure imposante, inaugurée en 2010 pour le 50e anniversaire de l'indépendance du Sénégal. Celle-ci a été construite dans l'objectif de souligner le retour de l'Afrique parmi les grands de ce monde après une histoire parsemée d'embûches et d'horreurs avec la colonisation ainsi que l'esclavage. Pourquoi avoir dépensé autant d'argent sur un monument construit par des travailleurs nord-coréens alors que le taux de chômage au Sénégal atteint 19 % ? Pourquoi ne pas avoir dépensé les 15 milliards (franc CFA), soit l'équivalent de 33,3 millions de dollars canadiens, afin de subvenir aux besoins de base, dont l'accès à l'eau, à l'électricité, aux soins de santé et à l'éducation pour tout le peuple? Selon certains Sénégalais, ce sont les idées de grandeur de l'ancien président Abdoulaye Wade qui ont donné naissance à ce projet. Ce genre de décision du gouvernement sénégalais, quoique discutable, n'est pas remise en question par son successeur qui poursuit dans la même lignée.  

En ce sens, le Plan Sénégal Émergent (PSE) est actuellement l'idée projetée par le président au pouvoir, Macky Sall, et se veut majeur dans sa visée politique. Cette stratégie se réalise sur trois axes soit une transformation structurelle de l'économie pour conserver les acquis économiques et créer de nouveaux pôles pour stimuler les investissements provenant de l'extérieur du pays, une amélioration des conditions de vie des citoyens en s'attaquant aux écarts de richesses, et finalement, un renforcement de la sécurité du pays pour ne pas faire fuir les investisseurs étrangers. Son Excellence veut sortir le Sénégal de la catégorie des pays du tiers monde pour l'amener à être considéré comme un pays en émergence avec les autres leaders de second ordre comme le Brésil ou le Nigeria par exemple. Dans ce plan, de grands projets sont en réalisation ou ont été complétés. D'ailleurs, le nouvel aéroport de Dakar a obtenu une classification internationale et des autoroutes à péage ont ensuite été construites pour relier les grandes villes du pays. Enfin, l'obtention des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) en 2022 vient compléter les projets mettant de l'avant la volonté de placer le Sénégal dans la voie de la modernité et de le projeter à l'international. Il s'agit de succès politiques pour l'obtention du deuxième mandat du président en 2019, mais au prix de laisser en compte l'éducation puisque les statistiques nous indiquent que 41 % des enfants âgés de 12 à 16 ans ne vont pas à l'école ou ont décroché. 

Le Plan Sénégal Émergent soutient néanmoins que la prochaine étape est l'investissement dans l'éducation. Pour ce faire, les revenus de nouvelles sources de pétrole trouvées au large du Sénégal seront investis en bonne partie dans l'éducation. Souhaitons que ces investissements portent fruit et permettent de positionner le Sénégal parmi les leaders africains en 2035. » 

- Guillaume Babin, étudiant finissant en Techniques de travail social, en stage au Sénégal, au Centre de Promotion et de Réinsertion Sociale à Liberté 3A, Dakar. 

Sources:  

L'AGENCE FRANCE-PRESSE,  Le Sénégal aspire à l'émergence malgré sa dettehttps://www.youtube.com/watch?v=-qLYBOiXr8U, 20 février 2019, page consultée le 7 février 2020. 

JOURNAL LE MONDE, https://www.lemonde.fr/afrique/article/2010/04/03/erige-a-dakar-le-monument-de-la-renaissance-africaine-divise-la-societe-senegalaise_1328300_3212.html, 3 avril 2010, page consultée le 7 février 2020. 

TRADING ECONOMICS, https://fr.tradingeconomics.com/country-list/unemployment-rate?continent=africa, 2019, page consultée le 7 février 2020. 

Le QUOTIDIEN, https://www.seneplus.com/education/alerte-sur-le-phenomene-de-decrochage-scolaire, 27 septembre 2017, page consultée le 7 février 2020. 

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