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Travail social 2020-04-29

Une étudiante en Travail social qui a effectué un stage au Sénégal témoigne de son expérience

Dans le cadre du programme de Travail social, cinq étudiantes et étudiants ont fait un stage final crédité, à Dakar, au Sénégal, du 7 janvier au 25 mars. Prenez note que les étudiantes et les étudiants qui participaient à des activités à l’étranger ont été rapatriés en raison de la COVID-19.

Il s’agit de Sandrine Gagnon, Laureine Mbiya Muteba, Jasmine Chrétien, Guillaume Babin et Marie Christine Larouche. Leur stage s’est déroulé dans trois milieux différents et tout au long de leur séjour, les stagiaires ont vécu dans des familles d’accueil sénégalaises afin de vivre une immersion complète et de comprendre la réalité culturelle. Retrouvez ci-dessous le témoignage de Jasmine Chrétien, qui effectuait un stage à la Solidarité pour les enfants de la rue. 

« Ma peine d’amour du retour »

Depuis mon retour du Sénégal, les gens ont tendance à s’exclamer en me disant que je dois être contente d’être revenue et que mon Québec devait bien évidemment me manquer. Pourtant, malgré ma grande reconnaissance d’être en sécurité et surtout en santé, je leur réponds souvent que je suis plutôt triste d’avoir eu à quitter, brusquement, ma famille, mes amis, des enfants, et surtout, une petite vie si unique qui m’appartenait là-bas, en raison de la pandémie. Un contexte assez étrange pour revenir d’une expérience comme celle-ci. Devoir partir de mon Sénégal chaud et décontracté, pour ensuite revenir dans un Québec froid et anxieux : Oufff!

Malgré le grand soutien de mes proches, je me sens incomprise. Il est difficile de résumer 3 mois d’émotions, d’apprentissages, d’expériences et de rencontres inoubliables en une seule conversation. Je compare souvent mon retour comme lorsque nous vivons une peine d’amour, sauf que cette fois-ci, c’est envers un pays au complet. J’en pleure, je pourrais en parler pendant des heures et je regarde des photos de mes moments dans ce pays avec le cœur rempli de nostalgie. Ce qui me manque le plus, c’est les gens que j’ai rencontrés, côtoyés ou ceux avec qui j’ai même habité. Que ce soit les longues discussions chez le couturier, les fous rires chez les Camara, les plaisanteries avec mes collègues de stage, les chansons dans le salon avec mes petites sœurs, les jeux avec les jeunes de mon stage, ou les longues marches à discuter avec Mariama et le neveu de notre famille, Tidiane. Je ne peux qu’être reconnaissante pour cela, et tellement plus encore!

Je suis particulièrement marquée par mon expérience, par mes jeunes du centre SPER (Solidarité pour les enfants de la rue) qui sont si uniques, brillants et inoubliables. Je me dois de mentionner les enfants de la rue qui m’ont tellement appris et qui m’ont énormément touchée. Ce fut complètement fou de voir que des enfants qui vivent dans la rue ont le sourire aux lèvres, alors que chez moi, des enfants pleurent parce qu’ils n’ont pas le nouveau jouet de la Pat’Patrouille. Les enfants du Sénégal, je vous aime. Vous m’avez rempli le cœur et surtout, vous m’avez fait apprécier et savourer les simples et vraies valeurs de la vie. Le Sénégal, merci pour les rires, les danses, la musique, la famille, le wolof, la chaleur, les rencontres et surtout pour les « niokobokk » (on est ensemble). Merci au SPER pour mes jeunes, les sourires, les amitiés, les intervenants remplis de sagesse et pour toutes les fois où je me suis sentie à ma place. Merci à mes compagnons dans cette incroyable expérience, Mariama (ma coloc d’amour), Doudou, Salimata et Marième. Vous m’avez soutenue, écoutée et surtout, vous avez ri de mes blagues poches tout au long de notre séjour. Notre « nous » me manque et j’ai hâte qu’on se retrouve.

Finalement, je me remercie moi-même de m’être offert ce cadeau. J’en ai beaucoup appris sur moi en tant que personne et en tant que future intervenante en travail social. Incroyable de penser que j’ai pu terminer mon programme dans ce contexte si enrichissant! Je souhaite à n’importe qui de vivre une expérience comme celle-ci, qui fait grandir. Pour ce qui est du Sénégal, on se revoit bientôt, c’est certain, Inchallah.

-Abibatou.

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