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Travail social 2020-03-05

Une étudiante en Travail social, en stage au Sénégal, témoigne de son expérience

Dans le cadre du programme de Travail social, cinq étudiantes et étudiants font un stage final crédité, à Dakar, au Sénégal du 7 janvier au 25 mars. Il s’agit de Sandrine Gagnon, Laureine Mbiya Muteba, Jasmine Chrétien, Guillaume Babin et Marie Christine Larouche.

Leur stage se déroule dans trois milieux différents et tout au long de leur séjour, les stagiaires vivent dans des familles d’accueil sénégalaises afin de vivre une immersion complète et de comprendre la réalité culturelle. Dans cette optique, un de leurs mandats, en plus de réaliser les objectifs du stage, est de rédiger une série d’articles sur les thèmes suivants : le choc d'arrivée, la vie politique, le travail social au Sénégal et un témoignage en lien avec le stage et le choc du retour.

Laureine Muteba, étudiante finissante en Techniques de travail social, en stage au Sénégal, au Centre de Promotion et de Réinsertion Sociale à Liberté 3A, à Dakar, partage ci-dessous ses réflexions sur son immersion culturelle.

Mon expérience hors pair à Dakar

Je suis arrivée à Dakar il y a déjà deux mois. J’effectue mon stage au Centre de Promotion et de Réinsertion Sociale lors duquel j’interviens au Jardin d'enfants, auprès d'enfants de familles défavorisées et à la section Arts ménagers, auprès de jeunes filles exclues du système scolaire. J’ai la chance de travailler et d’aider les monitrices dans leurs interactions auprès des enfants et dans la réalisation de leurs activités. Parmi les activités que j'ai réalisées jusqu'à maintenant, il y a le coloriage, le graphisme, le chant, les apprentissages préscolaires et cela, sans compter tous les jeux extérieurs afin que les enfants puissent dépenser leur énergie. Comme je suis responsable de plusieurs enfants, je dois mettre de l'avant ma patience et ma douceur, mon « autorité » et ma discipline, le tout avec un soupçon d’amour et de compréhension afin de mieux gérer la situation. Par la suite, je fais aussi quelques activités avec de jeunes filles plus âgées en arts ménagers et j'anime quelques rencontres de groupe autour de différents sujets tels que les grossesses précoces.

Depuis mon arrivée, j'observe quelques différences entre nos pays. Par exemple, la hiérarchie est très importante dans les services professionnels de Dakar, ce qui est une différence frappante avec la démocratie véhiculée dans les organismes communautaires québécois. Le directeur ou la directrice a un rôle très important dans l'organisme et les intervenantes doivent s'y référer fréquemment. Aussi, les corrections physiques chez les enfants sont perçues comme étant une méthode éducative efficace pour corriger les enfants ou leur faire comprendre certaines règles. Cet aspect peut être choquant pour les Québécois, encore plus pour des stagiaires en Travail social. Néanmoins, j'observe que certaines personnes ont le désir de mettre de côté ce type de méthode éducative pour tendre vers de nouvelles qui sont davantage en lien avec les valeurs québécoises. 

Pour réussir un stage au Sénégal, il est important de faire preuve d'autonomie et de créativité, il faut saisir toutes les occasions d'intervenir et ne pas attendre qu'on nous demande de le faire, car personne ne nous dira quoi faire ni comment le faire. Il faut retrousser nos manches et faire preuve d'autonomie et de maturité. Si on ne se prend pas en charge, cela peut mener au découragement et ralentir le processus de travail et les apprentissages. Cela peut être déroutant au départ, mais ceci m’a permis d’avoir un sens de la créativité et d'organiser une planification journalière, mais surtout de développer un sens des responsabilités.

Au Sénégal, et dans mon milieu de stage plus spécifiquement, les relations interpersonnelles que j'ai établies sont excellentes; je ne m’attendais pas à être aussi bien reçue! Mes collègues sont courtois et disponibles. Bien que la langue couramment parlée soit le wolof, il n’y a pas de réelle barrière de la langue étant donné que le français y est aussi parlé.

J’ai fait le constat qu’il faut s’adapter aux habitudes culturelles du pays et ne pas rester bloqué sur sa vision « occidentale » des choses : certaines choses qui sont mal vues au Québec, ne le sont pas au Sénégal, et vice-versa. Par exemple, la notion du temps n’est pas la même et peut parfois nous sembler être une contrainte puisque les choses n'avancent pas au rythme que l'on voudrait. Il faut donc savoir relativiser en appréciant le moment présent et ne pas être trop exigeant tel que souvent exigé dans notre culture occidentale.

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