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Travail social 2020-01-30

Une étudiante en Travail social, en stage au Sénégal, témoigne de son expérience

Marie Christine Larouche, étudiante en Travail social, effectue actuellement un stage au Centre hospitalier national d'enfants Albert-Royer, à Dakar, au Sénégal. Marie-Christine Larouche profitera de son séjour à l’étranger pour partager son expérience par le biais de témoignages. Retrouvez ci-dessous son premier récit de voyage dans lequel elle partage ses réflexions sur son immersion culturelle.

« Salut Sénégal, je me nomme Marie Christine Larouche. Ma gni tudd Marie Christine. C’est en wolof, la langue nationale. J’ai appris cela sur mon application mobile avant de partir et j’avais bien hâte de voir comment ça résonnerait ici. Mariama, c’est mon nom sénégalais. C’est ma famille d’accueil qui m’a rebaptisée en arrivant. Comme si ici une nouvelle petite partie de moi pouvait naître.

Sénégal, tu sais chez moi, lorsqu’on se présente pour la première fois à quelqu’un, on tente toujours de montrer le meilleur de nous-mêmes, de faire bonne impression. Ici c’est plutôt difficile, car je ne sais pas si le meilleur de moi-même est le meilleur pour toi. On se connait à peine Sénégal, mais j’ai l’intuition que notre relation sera basée sur l’authenticité. Ça fait si peu de temps que l’on se connait et déjà je t’ai montré l’étendue de mes sentiments. La surprise, le choc et aussi l’émerveillement. Compte-toi chanceux Sénégal, c’est une grande preuve de confiance à ton égard. Puisque l’on est encore au stade de se découvrir toi et moi, je n’ai pas osé te dire tes quatre vérités.

Excuse-moi d’ailleurs d’avoir été surprise par ton manque de propreté à mon arrivée, je n’aurais pas dû m’arrêter à ça, mais n’empêche que Sénégal, disons-nous les vraies choses, c’est un côté de toi que j’ai découvert assez brutalement. Oh, je te l’ai dit, je ne reviendrai pas sur le sujet éternellement. Si nous voulons construire notre relation sur de bonnes bases, nous devons passer au-delà de nos différences, mais j’aurais cru que tu te serais mis propre pour mon arrivée. Ton plastique, tes déchets, ta poussière… encore ta poussière, c’est assez surprenant. Tu sais, chez moi, on s’excuse de ne pas avoir fait le ménage quand la visite arrive, et ce, même quand on l’a un peu fait. Alors pas étonnant que cela m’ait surprise.  Bref, n’en parlons plus. Nous n’avons pas tous les mêmes standards de propreté et je m’y habituerai, c’est promis.

Pour qu’une relation fonctionne, nous devons faire des compromis. Je dois reconnaître que malgré tout Sénégal, tu te montres tel que tu es, et ce, dès les premiers jours. Pour dire vrai… c’est quelque chose que j’admire. Avec toi, il n’y a pas de cachette, je te connais à peine et je dois avouer que je te trouve séduisant. Tu es enivrant, chaud, enveloppant. Je ne veux pas m’embarquer trop vite, mais j’ai envie de te dire que je me suis déjà un peu amourachée de certains aspects de ta personnalité.

Tu souris beaucoup, tout le temps en fait. Je me réveille maintenant avec ton chant à tous les matins. Bien que je sache très bien que c’est un appel à la prière, j’aime imaginer qu’un tout petit couplet m’est destiné, destiné à ce que je débute ma journée dans la bienveillance et la découverte. Destiné à mon accueil et à mon adaptation dans cette grande ville bondée. Destiné à ce que je trouve ma place dans cet univers qui me dépasse, qui me fascine ».  

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