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Travail social 2017-04-10

Quatrième témoignage pour les 5 stagiaires en Travail social au Sénégal

Cinq étudiantes en Travail social sont parties pour 12 semaines pour le Sénégal afin réaliser leur stage; Emmanuella Petit, Arianne Guay, Catherine Leblanc, Laurence Morissette et Véronique Trempe. Voici le témoignage de Véronique Trempe.

Un moment touchant de mon stage

« Un stage de 3 mois dans une nouvelle culture est truffé de beaux moments et de belles découvertes. J’ai fait mon stage au Centre Aminata Mbayé, à Dakar. C’est une école pour les jeunes atteints de déficience intellectuelle. Ils commencent l’école autour de 5 ans et quittent, en moyenne, l’école autour de 25 ans. Ils peuvent apprendre la couture, la coiffure, la cuisine, le jardinage, etc. afin de favoriser leur autonomie. Les enseignants et les éducatrices voient donc ces jeunes grandir et évoluer au fil des ans. Je n’y ai été que quelques mois et pourtant je me suis attachée à ces jeunes si beaux et pleins de joie de vivre. Je ne peux pas m’imaginer le lien que l’on peut créer avec ces jeunes quand ça fait des années qu’on les côtoie tous les jours.

Ce qui m’amène à raconter un des moments les plus beaux que j’ai vécu, très probablement, de toute ma vie. Un des jeunes, Mamadou, est au Centre Aminata Mbayé depuis bientôt 10 ans et il est aimé de tous les membres du personnel. Il arrive à l’école avec ses lunettes de soleil d’aviateur et, comme le veut la coutume, salue tout le monde. Il est accueilli par des « Hé, Mamadou! C’est génial tes lunettes! » et on sent la chaleur dans les différentes poignées de main et même les accolades qu’il échange avec les enseignants et les éducatrices. Un mercredi après-midi, pendant la pause du dîner, une des éducatrices avaient amené son jeune bébé pour le montrer à ses collègues. Dans la belle nonchalance sénégalaise, ce bébé a fait le tour des bras de qui voulait bien le prendre. Il a attiré l’attention de plusieurs jeunes qui avaient remarqué la cohue. Mamadou a aussi demandé à le prendre. On a d’abord placé ses bras et ses larges mains afin de bien soutenir le cou du bébé, puis ce dernier a été délicatement déposé dans ses bras. Les yeux de Mamadou se sont illuminés. Son non verbal était puissant. On pouvait voir dans ses yeux un émerveillement en même temps qu’une profonde tristesse; émerveillement devant un si petit être, si fragile, et tristesse devant la réalisation qu’il n’aurait probablement pas d’enfant lui-même. Pendant un bon 30 secondes, tout le monde était en silence et observait la scène. Le voir tenir ce petit être était émouvant pour tout le monde; toutes les éducatrices qui les entouraient avaient la larme à l’œil. En y repensant, je suis encore bouleversée. J’ai vécu d’autres beaux moments mais celui-là se démarque encore pour moi.

Cette histoire pourrait se dérouler partout dans le monde, mais la mienne s’est passé dans le cadre de mon stage au Sénégal. »

- Véronique Trempe, stagiaire en Travail social